Conférence de Fabien Ducher

Samedi 14 janvier 2016

Roseraie de Saint Galmier

Thème : Évolution du genre « Rosa » et de ses différentes familles

Le rosier est la plante la plus cultivée et la plus appréciée  au monde. Aujourd’hui, il existe des milliers de roses. La rose du fleuriste est une variété très récente.

L’histoire de la rose n’est pas facile à retracer.

-  Le 1er ouvrage où l’on retrouve une liste précise de rosiers est Histoire Naturelle du philosophe romain Pline l’Ancien qui n’a répertorié à son époque que 10 variétés dont 6 principales :

  • Rosa Gallica
  • Rosa Damascena
  • Rosa Alba
  • Rosa Canina
  • Rosa Sempervirens
  • Rosa Pimpinelifolia

Ces variétés avaient l’inconvénient de ne fleurir qu’une seule fois. Mais à cette époque, la culture des roses n’avait pas un but ornemental mais plutôt un but médicinal et elles servaient à la fabrication du parfum. La végétation était aussi très différente de celle de nos jours.

Ces variétés sont toujours cultivées de nos jours.

-      On trouve des traces de cultures intensives de roses à Paestum au sud de Naples. Les textes parlent de roses qui fleurissent deux fois mais à cette époque la rose n’évolue quasiment pas.

-       En 79 avant JC, à Pompei, on trouve des roses sur les peintures et les mosaïques.

-       En 800, Charlemagne ordonne à tous les monastères de cultiver la rosa gallica.

-      En 1690, le botaniste de Louis XIV, Jean de la Quintinie, en a répertorié 14 variétés, alors qu’au même moment il existe 225 variétés d’œillets et que l’on recense 413 variétés de tulipes.

-       Une nouvelle couleur apparaît : la couleur jaune avec la variété Rosa Sulfurea foetida (odeur de  punaise) qui fut ramenée de Perse.

-        En 1751, un Suédois ramène 600 plantes de Chine avec des variétés révolutionnaires en Europe, dont un rosier.

-       42 ans plus tard, elles sont introduites en Angleterre et commercialisées par M. Parson « Parson’s Pink China » ou «  Old Blush » qui fleurit continuellement mais qui a l’inconvénient d’être peu rustique.

-        En 1790, apparaissent les coloris rouges « slater’s crimson china » et ils sont remontants (rosa chinensis semperflorens).

-       En 1809, introduction des variétés « Hume’s Blush Tea Scented China » Rosa Indica Major  qui sert encore de porte-greffe pour roses de fleuristes. Mais ces variétés conservent l’inconvénient de leur caractère gélif.

-        En 1824, une nouvelle variété de rose de Chine développe une couleur jaune pâle : « Park’s Yellow Tea Scented China »

-        Au XIX ° siècle, Joséphine de Beauharnais se passionne pour les roses et réunit une très belle collection. Elle aime aussi la ville de Lyon où elle vient acheter sa soie et elle décide d’offrir sa collection de roses au jardin Botanique de la ville de Lyon.

-      Les horticulteurs de la ville de Lyon commencent à les mélanger et créent de nouvelles gammes de roses, de nouveaux coloris, de nouvelles formes, de nouvelles variétés de Chine. Mais ces variétés restent gélives.

-       Deuxième moitié du XIX° siècle : Pour surmonter le caractère gélif des rosiers, les rosiéristes vont créer la variété des hybrides remontants qui ont une bien meilleure résistance au froid. D’autre part, les coloris évoluent. Mais ces rosiers ne se plaisent pas sous les climats chauds, refleurissent moins que les rosiers de Chine et sont souvent sujets aux maladies.

-       1867 : Jean-Baptiste Guillot fils va créer la première rose moderne  avec une fleur turbinée : la France. C’est le mélange des hybrides remontants et de la Rose de Chine.

-      1880 : Henri Bennett donne naissance aux hybrides de thé qui allient les qualités des roses européennes et chinoises. Elles deviennent les stars les plus cultivées et surclassent tous les autres rosiers.

-       Mais Joseph Perret Ducher va révolutionner le monde de la rose. Il devient « le magicien des roses » avec la création de « soleil d’or » en 1898.

-       Viendront « rose de Perse » remontant d’Antoine Ducher avec de nouveaux coloris et l’arrivée du parfum fruité.

-       En 1923 Pernet Ducher crée « Angèle Pernet »qui obtint la médaille d’or en 1924. Il obtiendra 14 victoires à Bagatelle avec de très beaux coloris nouveaux.

-    Une rose importante fut « Souvenir de Claudius Pernet » rose jaune qui entre dans la génétique de Madame Antoine Meilland. A partir de cette rose, l’hybridation va s’intensifier et des milliers de variétés vont être créées.

-      A la Fin du XIX° on trouvait 110 rosiéristes dans notre région, il en reste 6 aujourd’hui dont 3 dans la Loire : Ducher, Dorieux et Paul Croix. A cette époque, il fallait encore beaucoup de chance et de hasard aux rosiéristes pour créer de nouvelles roses. Un exemple : ils plantaient des rosiers en ligne au bord d’une corde qu’ils faisaient vibrer pour disperser le pollen. Le résultat était donc complétement aléatoire !

-    Le plus difficile aujourd’hui pour un rosiériste est de prévoir la mode et le goût des consommateurs. D’autre part aujourd’hui on s’attache plus au rosier (qualité et résistance des feuilles) plutôt qu’à la beauté des fleurs.

Il est important de bien connaître les différentes variétés de façon à ajuster son choix par rapport au climat. Ainsi dans notre région il y a de forts écarts de température et il faut donc faire le bon choix quand on veut acclimater un rosier. On voit aussi par exemple que les rosiers jaunes adorent la chaleur ainsi « les roses de Perse» qui sont jaunes ne pourront pas s’adapter en altitude.

Victor Hugo dira : « Les Dieux n’ont fait que deux choses parfaites : la femme et la rose ».